Eyjafjallajökull : plongée au cœur du volcan qui a cloué l'Europe au sol
L'Eyjafjallajökull est le volcan dont le nom est devenu, brusquement, important pour tout le monde en avril 2010. Une éruption modeste sous un glacier de la côte sud d'Islande a produit un panache de cendres que des vents inhabituels ont poussé vers le sud, fermant l'espace aérien européen près d'une semaine. Environ 100 000 vols furent annulés. C'est le plus grand arrêt du trafic aérien civil en temps de paix.
Un stratovolcan sous-glaciaire
L'Eyjafjallajökull est un stratovolcan relativement petit (1 651 m) sur la côte sud d'Islande, coiffé d'une calotte glaciaire du même nom. Son voisin, le Katla — bien plus grand et bien plus violent — se trouve un peu à l'est, sous la calotte Mýrdalsjökull. Historiquement, une éruption de l'Eyjafjallajökull a souvent été suivie en quelques mois ou années par une éruption du Katla.
Les événements de 2010
L'activité commence le 20 mars 2010 par une petite éruption effusive au col de Fimmvörðuháls, entre les deux calottes. Cette phase s'achève le 12 avril. Deux jours plus tard, le 14 avril, un nouvel évent s'ouvre sous la calotte sommitale. La rencontre du magma et de la glace génère un panache de cendres fines, riches en verre, qui monte à 9 kilomètres.
Pourquoi cette cendre fut un problème
Les particules étaient inhabituellement petites et riches en silice. Les petites particules voyagent loin ; la silice fond dans les moteurs d'avion. Les autorités européennes, avec très peu de données en temps réel, ont choisi de fermer le ciel. La décision était prudente et, avec le recul, sans doute trop prudente — mais le cadre réglementaire a changé en conséquence.
Un nouveau régime cendres
Après 2010, l'OACI a redessiné ses seuils de concentration de cendres, et les centres consultatifs de cendres de Londres, Toulouse et ailleurs ont été modernisés avec de meilleurs satellites et modèles de dispersion. Les éruptions islandaises ultérieures n'ont pas eu d'effet comparable sur l'espace aérien européen.
L'éruption visible
Pendant quelques semaines, la côte sud islandaise fut le paysage volcanique le plus photographié au monde. Les fontaines de lave éclairaient le dessous du panache ; des jökulhlaup déversaient leurs flots dans la vallée du Markarfljót ; le hameau de Þórsmörk et les fermes de Þorvaldseyri furent brièvement évacués. Personne ne mourut.
Leçons pour la protection civile
L'Office météorologique islandais et la Protection civile ont géré l'éruption selon un modèle aujourd'hui considéré comme exemplaire : évacuation anticipée, cartographie de risques en temps réel, points presse quotidiens. La partie communication a depuis été adoptée des volcans d'Italie à ceux de Nouvelle-Zélande.
Visiter aujourd'hui
La région de l'Eyjafjallajökull est l'un des paysages volcaniques les plus accessibles d'Islande. La randonnée de Fimmvörðuháls traverse les deux sites lavaiques de 2010, entre Skógar et Þórsmörk. Le centre d'interprétation de la ferme Þorvaldseyri raconte l'évacuation familiale, et la silhouette photogénique du volcan est un classique des tours de la côte sud.
Pourquoi l'Eyjafjallajökull compte
L'Eyjafjallajökull est le volcan dont nous avons tous appris à prononcer le nom — mais surtout, il a appris au monde moderne qu'une petite éruption lente, sous les mauvais vents, peut paralyser des infrastructures continentales. Il rappelle aussi que Katla, bien plus grand, dort juste à côté.
Sur la carte
Ouvrez la carte et trouvez l'Eyjafjallajökull sur la côte sud islandaise, entre Skógar et la vallée du Markarfljót. La caldeira du Katla, sous Mýrdalsjökull, se trouve juste à l'est ; le Hekla se dresse à l'intérieur des terres, au nord.