Gunung Agung : plongée dans le volcan sacré de Bali
Le Gunung Agung est le volcan qui définit Bali. Visible depuis presque partout sur l'île, son cône de 3 031 mètres s'élève en une symétrie presque parfaite au-dessus des rizières de l'est et domine le monde spirituel balinais : siège des divinités hindoues et axe autour duquel les temples s'orientent. C'est aussi l'un des volcans actifs les plus dangereux d'Indonésie.
Une montagne sacrée
Dans l'hindouisme balinais, l'Agung est la demeure des dieux, et le grand temple-mère de Pura Besakih s'élève sur son flanc sud-ouest. La plupart des aménagements rituels de l'île s'orientent vers la montagne — la direction sacrée vers l'amont, appelée kaja. « Faire face à l'Agung » revient à faire face à la sainteté.
Un stratovolcan classique
L'Agung est un stratovolcan de l'arc volcanique de la Sonde, où la plaque indo-australienne plonge sous la plaque eurasienne. Ses éruptions sont typiquement explosives et andésitiques, avec panaches de cendres, coulées de lave, coulées pyroclastiques et lahars. Le volcan se dresse à l'est de Bali, près de son voisin plus petit et plus souvent actif, le Gunung Batur.
La catastrophe de 1963
En 1963, l'Agung éruptionne de façon catastrophique. Coulées de lave et déferlantes pyroclastiques descendent dans les villages du nord et du sud. Les lahars de la saison des pluies suivante font de nombreuses autres victimes. Le bilan total dépasse 1 500 morts. L'éruption est aussi l'un des événements volcaniques climatiquement les plus importants du XXe siècle, refroidissant brièvement la planète.
La séquence 2017-2018
Après plus de cinquante ans de calme, l'Agung se réveille en 2017. Une longue montée d'agitation sismique culmine en plusieurs mois d'éruptions cendrées, de petites émissions de lave dans le cratère sommital et d'évacuations préventives de dizaines de milliers de personnes. L'aéroport de Bali ferme à plusieurs reprises. Aucun mort — signe que la communication sur le risque a beaucoup progressé depuis 1963.
Gravir le volcan
Deux voies principales mènent au sommet : depuis Pura Pasar Agung sur le flanc sud (l'itinéraire court vers un belvédère près de la lèvre) et depuis Pura Besakih au sud-ouest (plus long, plus exigeant, mais atteignant le vrai sommet). Les deux partent au cœur de la nuit pour atteindre le sommet au lever du jour. L'accès dépend du niveau d'alerte du volcan et du calendrier religieux balinais.
Le temple de Besakih
Pura Besakih, le plus vaste complexe de temples hindous de Bali, regroupe plus de 22 temples sur le flanc sud-ouest. Lors de l'éruption de 1963, les coulées passèrent à quelques mètres de la cour principale sans la détruire — un événement vu localement comme un signe que les dieux ont épargné le lieu saint.
Risque, tourisme et avenir
L'Agung est l'un des volcans les plus surveillés d'Indonésie. Le Centre de vulcanologie et de mitigation des risques géologiques exploite un observatoire permanent sur le flanc sud. Le tourisme balinais dépend en partie du calme du volcan, calme qui prévaut la plupart du temps — mais la prochaine grande éruption est une question de quand, pas de si.
Pourquoi l'Agung compte
L'Agung est le lieu où géologie, foi et tourisme se rencontrent. Peu de volcans portent une telle charge culturelle aux côtés de leurs instruments sismiques. C'est aussi un rappel cinglant que certaines des îles les plus peuplées au monde reposent directement sur des arcs volcaniques actifs.
Sur la carte
Sur la carte, repérez l'Agung dans l'est de Bali, au nord de Karangasem et à l'est de Pura Besakih. Le Gunung Batur, plus petit et plus souvent actif, occupe sa caldeira à l'ouest.